Le ciel est sur une pierre, un exil. L’écho est sur les prairies, rien que l’écho.
Une trêve de coquelicots s’étend sur la plaine comme pour cacher les morts. Alors que les chevaux s’attardent sur la colline en compagnie du vent, j’ai demeuré longtemps face à ce ciel n’aimant que ce que j’avais perdu.
Mais finalement de mon cœur ils n’ont dérobé que les mots. Maintenant l’écho est dans les nuits et je recense les étoiles sur ma poitrine. L’escorte d’espérance a préparé pour mes rêves, les boutons de fleurs qui préviennent du sommeil.
Je sais que d’ici peu, mon cœur saignera sous les arbres. Une herbe nouvelle poussera alors sur mon sang et le tien. Nous ne serons plus nous-mêmes et les autres ne seront plus les autres. Nous ne trouverons personne.
Je resterai à cueillir l’herbe et la tendresse car au final, j’aspire, tel un poète en fleurs, à tenir tête mille ans et mourir finalement sous le joug de l’orage.
Et tant mieux si les rêves ont toujours raison de moi.
Jean-Louis Murat continue d'enchaîner les créations (de qualité). Après la parenthèse Ferré de l'automne, le voici de retour pour une livraison printanière.
L'album s'intitule Tristan et se compose de dix titres laissant vagabonder notre imagination quant à la couleur musicale et l'orientation des textes :
La légende dorée
L'amour en fuite
Mousse noire
L'hermine
Chante bonheur
Tel est pris
Les voyageurs perdus
Dame souveraine
Il faut s'en aller
Marlène
A noter que l'auvergnat sera également dans l'actualité avec l'album "Coupables" , la BO qu'il signe pour le film éponyme de Laetitia Masson (février).
«Je peux garer ma voiture à deux mètres de mon lit. Il y a toujours une table en formica près de la fenêtre. C’est le décor que je préfère au monde. En général, il y a un bar à côté, et un autre un peu plus loin sur la route. Les clients travaillent dans le coin, à la prison, ou à l’université… Ce sont des villes sans foyer où les gens ne font que passer.
Nombre de mes amis ne s’aventurent pas là où je vais parce qu’ils ont peur de l’inconnu. Et peur de se faire casser la gueule. Mais la première fois où l’on prend un coup est aussi celle où l’on réalise que ça ne fait pas mal. Ca ne fait jamais mal. Le jour où j‘ai appris ça j’ai franchi un cap décisif.»
La vie incertaine
Vidéo envoyée par henryspencer
Flashback sur le film-tribute d'Henry Spencer réalisé l'été dernier. Mélancolie en apesanteur dans un monde devenu trop grand à vivre.
Scott Draves répond à Philip K.Dick qui s'interrogeait en 1968 sur la conscience des machines. Les computeurs rêvent et leurs songes sont autant d'animations kaléidoscopiques et chamarrées. Plongeon dans l'inconscient collectif, fait de cauchemars psychédéliques et d'onirismes hypnotisants.
And who knows if Mr Toc do also dream of electric sheep ?
Le tunnel d'or
Vidéo envoyée par henryspencer
Nouveau court-métrage comme un rideau sur le doux mensonge. A trop mourir on pose les armes. Reste alors à laisser derrière soi le tunnel d'or et apprivoiser à nouveau sa liberté.
Pourquoi détester le nouvel an ? Eléments de réponse par Henry Spencer et son dernier court, Les Solstices d'hiver. L'occasion d'une expérience nouvelle, avec un tournage en écriture automatique aidé d'un petit cybershot Sony.
"Nous aimions autrefois les soleils de fin d'année. [...] Regardez autour de vous, il n'y a plus que le ciel et ces grands terrains vagues que nous finirons bien par détester. [...] Comme tu ne sais rien mon pauvre ami. Ouvre cette porte toute grande et dis toi qu'il fait complétement nuit et que le jour est mort pour la dernière fois."
Les solstices d'hiver
Vidéo envoyée par henryspencer
NY - The Lost Civilization
Vidéo envoyée par dylanmcneil
Superbe travail autour d'une vision ironique de la civilisation moderne.
Je ne veux être qu’un battement de cil, qu’un baiser dans la nuit, qu’une saison en fleurs Je ne veux être qu’un effet papillon Je ne veux être qu’une pluie d’été à ma bouche, qu’un cœur ivre en hiver, qu’un tourbillon dans lequel on chavire Je ne veux être qu’un effet papillon Je ne veux être qu’un orage sur l’océan, qu’un souvenir brûlant sous la peau, qu’un rêve qui nous terrasse Je ne veux être qu’un effet papillon
Tu connaissais pas la consigne mon ange, tu m'as coupé par la racine mon ange, blanc comme un sachet d'héroïne mon ange
Tu connaissais pas les remords ma belle, ni d'être mort au ciel, la lune est bleue comme un passeur fidèle
Tu connaissais pas la consigne ma belle, fallait-il que tu la devines ma belle, pour que l'amour enfin soit éternel...
Superbe ritournelle de Benjamin Biolay plus sombre que le lac Baïkal au solstice d'hiver. Une noirceur que n'aurait pas renié mon ancien correspondant M.Toc dans ses nuits agitées qui sont aussi parfois les miennes. A écouter plus longuement, l'album Trash Yéyé, d'un des trop rares talents de la chanson française.
Voilà un article qui devrait rassurer les sphères élyséennes. Jean-Louis Murat qui s'exprimait ces derniers jours dans Le Monde revient en conclusion sur les vertus de la ruralité :
Là-haut, la vie est frugale, on finit tout, on n’achète presque rien. Le pain dur est gardé pour la soupe du soir. Dans la nature, l’oubli de soi est plus facile, on va le matin aux champignons, on s’assied pour casser la croûte, on a ramassé un kilo de cèpes, voilà. On refait une clôture, on est dans le présent. Or, être dans le présent est la condition de la paix intérieure. Moi, j’aime aussi les activités qui ne laissent pas de place à la réflexion. Jouer des instruments, faire des prises de son. S’aménager une vie de travail. Car, à part aimer, travailler est la chose la plus belle à faire dans la vie.
Well I stepped into an avalanche,
It covered up my soul;
When I am not this hunchback that you see,
I sleep beneath the golden hill.
I have begun to long for you,
I who have no greed;
I have begun to ask for you,
I who have no need.
You say youve gone away from me,
But I can feel you when you breathe.


Yes General, just give me a little atomic bomb, not to much, just a little. Enough to frighten my love, but I don't have any love.

Plus que lors du printemps en fleurs, plus que durant l'hiver dont je meure, plus que jamais, je suis un garçon qui maudit les filles...
Et à la frontière de ce tourbillon des sens, gros travail en cours pour éditer un dvd digne de ce nom, regroupant dans un premier temps l'ensemble des Tribute d'Henry S. plus quelques bonus inédits et implacablement sous-titré L'Exil et le royaume. Logiciel américain introuvable, inspiration de dernière minute d'une banlieue californienne et d'un romantisme asiatique, et voici le tout qui monte en exigence et prend du retard. Un travail d'arrache-pied pour diffusion, peut-être un jour, à qui de droit.
Certains soirs, on se dit à quoi bon ? Et puis un cerf-volant fort sur la neige, docile au vent, un attelage, un traîneau passent au plus près de notre peau... Certains soirs, on se dit à quoi bon ? Et puis reste sang comme l'eau, sous un hangar, prisonnier d'elle... Certains soirs, on se dit à quoi bon ? Et puis on repense quand femme rêve...
Un avant-goût de goût de Charles et Léo. Je n'ai pas oublié, voisine de la ville...
Prévu dans le dvd accompagnant la sortie de Charles et Léo, la reprise de Petite de Ferré par un Murat des chants au piano :
Je t'apprendrai à tant mourir
A t'en aller tout doucement
Loin des jaloux et des tourments
Comme je jour qui va mourant
Comme je jour qui va mourant
Tu peux reprendre ton cerceau
Et t'en aller tout doucement
Loin de moi et de mes tourments
Tu reviendras me voir bientôt
Tu reviendras me voir bientôt
L'hiver a soudainement envahi l'été. et nous a projeté, sans air ni eau, dans la sourde torpeur d'une plaine sans retour. La neige est noire sur notre ville. La danse des chevaux s'est tue. Les secondes sont devenues des heures et les jours, des mois entiers. Nous ne pouvons disperser plus que nous ne l'avons fait.
Mais rien n'y fait. Le souvenir du soleil persiste malgré les assauts du gel et du grésil. Si le corps ne peut bouger, l'esprit demeure invariablement vif, animé par le seul désir de retrouver la lumière perdue. Les cavaliers dorment aux pieds des remparts. Ils ne songent qu'à gagner à nouveau la grande forêt et s'y baigner pour toujours.
Attendre que les nuages se dispersent et prendre feu.
Quel est le nom de la terre ? Je ne sais plus. Quel est le nom de la mer ? Je ne sais plus. Le vent m'a dispersé. L'écho et les couteaux. L'herbe s'est retirée. La forêt s'est retirée. Le soleil s'est retiré. Mais les ruisseaux demeurent dans mes veines et les épis croissent sous mes habits. A l'ombre de l'adversaire des commencements.
Lost in the darkest forest, searhcing for a so whished escape. It's in our hands.
Un nuage dans ma main me blesse. Le silence a brisé vent et pluie et a changé le fleuve en aiguille.
Une colline enfouie sous le myrte de ses pères se retourne de ci-de là. Ils y ont sellés les chevaux dans la plaine.
Tout est fini à présent. Nous nous sommes rapprochés du fleuve, las des voyages. Seul un nuage pare ce jour pour une question qui ne concerne que Dieu. Un nuage dans ma main qui me blesse.
Après trois ans de consultation, la famille Ferré a convaincu le chanteur d'Orcival de reprendre et finir l'œuvre croisée largement entamée de Léo avec le poète syphilitique Charles Baudelaire. Ferré avait lui-même enregistré deux albums 1957 et 1967 dans lesquels il mettait en musique des poèmes extraits des "Fleurs du mal", dont on célèbre cette année le 150ème anniversaire de la première édition. Il avait conservé un herbier de 22 maquettes piano-voix dictaphoniques qu’il avait remis, avant sa mort en juillet 1993, à sa femme et son fils leur prédisant qu’ils en feraient quelque chose un jour.
Pour Matthieu Ferré, à l’initiative du projet, Murat était le seul à pouvoir porter ce disque, le considérant comme l’héritier spirituel de son père : deux véritables écritures poétiques, deux artistes hors normes, en dehors des formats que le «music business» tend à imposer, deux personnalités irradiantes.
Ce sont donc douze de ces esquisses d'adaptations, que Jean-Louis Murat a enregistré sous forme de reprises-parachèvements, chant et orchestrations maison, dans l'esprit du maître toscan, une sorte de trio au sommet assez subtil où Murat joue le rôle du chamane capteur et résonateur des «obscures paroles» mêlées de Charles et Léo. Sortie prévue le 1er octobre prochain.
Sépulture
Avec ses vêtements ondoyants et nacrés
La fontaine de sang
L'héautontimorouménos
L'horloge
Le guignon
Madrigal triste
La cloche fêlée
L'examen de minuit
Bien loin d'ici
Je n'ai pas oublié
A une mendiante rousse
Ce projet vient comme une évidence, une synthèse, après les adaptations de Murat de Réversibilité de Baudelaire (Dolorès-1996) et Richard de Ferré (Live Divan du monde-1998).
Le disque marque les retrouvailles de Murat avec Denis Clavaizolle, complice de longue date, avec qui il avait notamment collaboré sur Mustango et Dolorès. A noter également la participation de Morgane, de Cocoon, pour les choeurs sur deux titres et pour un duo avec Murat. Enfin un DVD filmé à la Coopérative de Mai pendant le mixage de l'album et qui se focalisera sur la formule piano/voix accompagnera le disque, qui lui, bénéficiera d'arrangements plus contemporains. Pour ce DVD, Murat a ajouté deux chansons aux douze de l'album : Réversibilité évoqué plus haut et Petite de Ferré.
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le coeur comme un papier qu'on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?
L'hiver a brusquement recouvert l'été. Humeur sombre.
Made too many of 'em,
too little, too lay,
should I lie under,
still in the door, or walk around again ?
One last song I'll write, why don't get along
my eyes feel lonely why don't they shine ?
I find the film of a cell,
as I touch my tears
smells the taste, full of waste
but feel the others and smother each other
then let them plucker the cell sugar sweat weather,
goes through our trees, swims through our seas,
flies to the last gasp left on this earth.
It's a long lonely journey from death to birth
Oh, it's a long lonely journey from death to birth
Should I die again ?
should I die around
the pounds of matter wailing from space ?
I know I'll never know
until I come face to faith
with my own cold dead face!
in my own withered case!
You are with me, with me, lonely, alone,
alone and I lay
I'm a mourning you !
Ready for a long lonely journey from death to birth
It's a long lonely journey from death to birth
Oh, it's a long lonely journey from death to birth
Elle s'abat comme une ombre souple et sombre. Elle recouvre en un instant notre sommeil. Elle fait couler les chansons sur nos joues. Ensanglantée, tenace. Son épée profondemment enracinée dans nos pas.
Pesanteur de l'été. Mantille froide et silencieuse du désarroi. Ce matin, épaisse comme le gris du ciel, telle un fantôme indestructible, la depression bovine s'est de nouveau emparée de nous.
La Trilogie Mr Toc est toujours en chantier et prend du retard. En attendant voici le teaser de ce court qui se fait attendre...
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