En quinze tableaux, un agent immobilier nous décrit, d'une façon monocorde et sans émotion, son intimité relative. De la terrifiante séquence inaugurale à l’angoisse absolue de la banalité du monde dans laquelle cet homme vit, le fascinant Harlig ar Jorden nous fait pénétrer, avec une rigueur clinique, dans une dimension originale, proche d’un onirisme palpable.
Peu connu en France, le réalisateur suédois
Roy Andersson possède un univers très particulier entre humour grinçant à la Monty Python et surréalisme inquiétant, voire angoissant. Le cinéaste a commencé par réaliser des spots publicitaires atypiques et décalés, dans lesquels il développa un style très personnel : des plans larges au grand angle qui mettent en scène, en une seule prise de vue et de manière burlesque, les archétypes de notre société. Ces films lui valurent des récompenses importantes, notamment huit Lions d'or à Cannes.
En 1981, il fonde le studio 24, une société de production indépendante située au coeur même de Stockholm, spécialement conçue pour ses besoins. Avec une équipe soudée, ce véritable laboratoire permet à Roy Andersson de produire et réaliser ses films en toute liberté. Deux courts métrages, Quelque chose est arrivé (1987) et Monde de gloire (1991), lui permettent d'affiner son style et la maîtrise du plan séquence et remportent à leur tour de nombreux prix, notamment au
Festival International de Clermont-Ferrand.
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