Passionnante interview de Jean-Louis Murat sur l'inspiration, la création et la popularité. Et l'auteur-compositeur-interprète de conclure : "il faudrait avoir le courage d'être détesté de tout le monde pour être un grand"...
Passionnante interview de Jean-Louis Murat sur l'inspiration, la création et la popularité. Et l'auteur-compositeur-interprète de conclure : "il faudrait avoir le courage d'être détesté de tout le monde pour être un grand"...
28 janvier 2007 dans Créativité, Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Concevoir la culture comme castratrice de la création! Principe intéressant que d'imaginer l'érudition comme mère nourrissière de l'intellectualisme et meurtrière de notre faculté à créer sans copier. Ou la course à la culture comme doctrine de l'intelligence sur la volonté...
Sujet que développe Pierre Bayard dans son livre : "Comment parler des livres que l'on n'a pas lus".
23 janvier 2007 dans Créativité, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Redécouverte du court-métrage de Gus Van Sant mettant en image une poésie culte de l'écrivain William S. Burroughs écrite en 1986. Le texte cinglant qui brûle au vitriol tous les symboles manichéens de la Grande Amérique est magnifié par les images d'archives de propagande en surimpression du visage du poète. Des paroles à méditer pour mieux combattre la foi aveugle, celle qui nourrit l'isolationnisme et la peur de l'inconnu.
Thanks for the wild turkey and the passenger pigeons, destined to be shit out through wholesome American guts. Thanks for a continent to despoil and poison. Thanks for Indians to provide a modicum of challenge and danger. Thanks for vast herds of bison to kill and skin leaving the carcasses to rot. Thanks for bounties on wolves and coyotes. Thanks for the American dream, To vulgarize and to falsify until the bare lies shine through. Thanks for the KKK. For nigger-killin' lawmen, feelin' their notches. For decent church-goin' women, with their mean, pinched, bitter, evil faces. Thanks for "Kill a Queer for Christ" stickers. Thanks for laboratory AIDS. Thanks for Prohibition and the war against drugs. Thanks for a country where nobody's allowed to mind the own business. Thanks for a nation of finks. Yes, thanks for all the memories-- all right let's see your arms! You always were a headache and you always were a bore. Thanks for the last and greatest betrayal of the last and greatest of human dreams.
24 décembre 2006 dans Cinéma, Court-métrage, Culture, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Tard dans la nuit, Jean-Louis Murat chez Durand, tout en harmonie...
04 octobre 2006 dans Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Télérama, journal dit boboïsant, a publié pendant l'été une carte blanche aux auteurs de BD Dupuy-Berberian. Voici quelques extraits de leur vision des bobos. Très bien vu, messieurs!
11 août 2006 dans Culture, Sociologie | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
A voir, dans les allées du Parc de Sceaux, en ces jours d'été, l'exposition Seinographies évoquant le 92 à travers l'histoire de la photographie.
Patrimoine visuel exceptionnel qui se conjugue avec harmonie dans ce cadre naturel et historique.
Portrait de Corot par Nadar la Grande Arche cépusculaire manifestation pour le désarmement des nations Pasteur à Marne-la-Coquette les élégantes dans les jardins Albert Kahn Irène et Frédéric Joliot Curie, quatre-vingt photographies traitant de l'urbanisation, l'environnement, le sport, l'essor industriel ou encore de l'activité artistique.
16 juillet 2006 dans Actualité, Culture, Photographie | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Souvenir carte postale du film de Claire Denis découvert au Festival de Cannes en 1994 et depuis oublié des videothèques. Autour de la place de Clichy, dans la léthargie aoûtienne de la capitale, s'égrène un voyage en terre inconnue sur les pas de Guy Paulin, tueur de vieilles dames. Et de nous laisser porter, comme au petit matin, avec nos sens engourdis, par des lignes de vies croisées et autant de douces violences humaines... Moi aussi, ces jours ci, j'ai pas sommeil.
04 juin 2006 dans Cinéma, Court-métrage, Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Avril 2002. Départ à l'aube de San Cristobal de las Casas par la Panaméricaine 190. 140km à l'Est, à la frontière guatemaltéque, me voilà dans la région des Lagos de Montebello. Au milieu des bois de pins et de chênes verts et de la forêt tropicale peuplée d'une faune exotique, se cache une des plus belles régions lacustres du Mexique. Vingt-huit lacs et étangs dont les eaux déclinent une fantastique gamme de verts et de bleus. Des plans d'eaux successifs provenant d"une succession d'anciens puits naturels.
Le radeau accosté sur la rive de la Laguna Esmeralda, c'est au détour d'un sentier que je suis tombé par hasard, sur ce cimetière indien forestier. Une atmosphère toute particulière régnait dans cette petite clairière écrasée de soleil. De vieilles croix en bois enchassées de lichen dans un écrin pastoral comme de douces sentinelles en léthargie. Les verts, les jaunes et les bleus s'unissaient comme les couleurs primaires d'un Chiapas interdit. Peu de noms, mais une âme collective baignée d'un silence rassurant.
20 mai 2006 dans Culture, Divagation, Sociologie, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Et me voilà de retour de Beaubourg, sorti du bain volcanique de l'expo L.A. 1955-1985, naissance d'une capitale artistique.
Effectivement en pénétrant progressivement les galeries, c'est bien à une naissance qu'on assiste avec tout ce qu'elle peut avoir de bouillonnant, d'impétueux, d'incontrôlable, de complexe, s'affranchissant de tous les codes établis.
Alors, c'est un peu estomaqué, qu'on aborde les mutations récurrentes et accélérées de cette scène artistique. Passant en quelques années du pop art personnalisé à l'art conceptuel et aux performances des seventies, pour aboutir aux courants de contre-culture des années 80. Et tout est matière à créer et expérimenter : peinture, installations, dessin, sculpture, video, perform-art.
Tout au long de l'expo, on sent l'intensité des courants, l'énergie créatrice brutale et provocante. Rien qui ne laissera indifférent. Et des oeuvres qui permettent de croiser les regards d'artistes parfois inconnus nourrissant notre compression des sources d'influence des milieux artistiques californiens d'aujourd'hui.
Parmi d'autres, voici quelques oeuvres qui m'ont marqué :
Les installations de James Turrell ou ses réflexions sur la lumière de L.A. Dispositifs intriguants, traitements symboliques.
Les performances de Chris Burden, n'hésitant pas à se faire tirer dans le bras par un ami, ou à se crucifier sur sa Coccinelle. Spectalculaire et dérangeant. Pas si loin d'un Dirty Sanchez intellectuel!
Kiss/Panic de John Baldessari. Les images parlent d'elles-mêmes! Egalement une video d'art conceptuel Teaching a plant the alphabet vaut vraiment le détour.
Sunbather de David Hockney, belle illustration du pop art californien rejetant l'imagerie commerciale.
En conclusion, une exposition à ne manquer sous aucun prétexte.
08 mai 2006 dans Actualité, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le parcours discographique de Jean-Louis Murat ? Celui d’un trouvère. Des allées et venues de chanteur itinérant, pas franchement fixé – ni sur son art ni sur son sort. Car la vocation du trouvère n’est pas de trouver – un point d’attache, un toit à soi – mais bien de chercher sans fin, de quêter une étoile inaccessible, de battre infatigablement le pays, jusqu’à s’égarer parfois.
Dans l’arbre généalogique de la chanson française, Murat appartient à une sorte de rameau brisé, ou à une souche séparée dont les rejtes disparates pourraient s’appeler Bashung, Annegarn, Manset, Burger ou Vanot. Autant de cousins lointains, trop occupés à se dégager des voies personnelles pour s’enclore dans un lieu commun et qui forment comme une diaspora musicale au sein même de l’Hexagone. S’il est une exception française dans le domaine de la chanson populaire, c’est sans doute à cette cohorte d’exilés de l’intérieur qu’on la doit. Et à cet inconfort particulier que tous ont pu éprouver, dans un pays où les ressources poétiques sont intactes mais où le sous-sol musical s’est irrévocablement appauvri : un pays même pas fichu de sauver son blues à lui, de maintenir ses traditions autrement que dans la gangue sèche et puante du folklore.
Nomades forcés, ces chercheurs d’or sonore, de souffle et d’espace ont, un jour ou l’autre, fatalament lorgné du côté de l’Amérique. Une Amérique non littérale, recomposée, dont ils se sont abstenus de singer les codes. Une Amérique intérieure, même, ralliée en creusant des tunnels imaginaires, dont ils ont voulu atteindre les grandes prairies par des trajets clandestins et les hautes plaines par des défilés tordus.
La conquête de son Far West personnel, Murat l’a engagé progressivement. Souvent de manière ambiguë et désordonnée. Pendant longtemps il n’a paru accorder à la musique qu’un simple rôle de support, décor plus ou moins chiadé devant lequel sa voix, ses textes occupaient sans partage les premiers rôles. Puis à partir de Vénus, il se libère des angoisses de la lourde production pour dénuder sans ménagement sa musique hier frigide. Au fur et à mesure des albums suivants, cette musique, enfin extirpée de l’arrière-plan, deviendra chez Murat un terreau porteur et cultivable : un enjeu territorial, aiguisant ses appétits de pionnier, son désir de trouver un paradis qui lui ressemble.
1981 Suicidez-vous le peuple est mort
Sort juste avant l’élection présidentielle. Les radios commencent à passer le titre qui devient notamment disque de la semaine à Europe 1. Tentaive de suicide d’une jeune fille. Le père débarque à Europe 1 avec un fusil et impose le retrait de la chanson. Coup d’arrêt, image empoisonnée, qui marquera Murat à vie.
1989 Cheyenne Autumn
Bruno Bayon de Libé multiplie les papiers. Tout le monde suit le mouvement. Disque d’or. La critique pointue ne lâchera plus Murat, égérie d’une nouvelle chanson française rock et intellectuelle.
1991 Le manteau de pluie
L’album qui aurait dû l’imposer comme alternative parfaitement « bankable » à tous les faiseurs qui fourguaient et fourguent toujours des litres de melasse aigrelette aux grands réseaux hertziens.
1993 Vénus
Un moment intitulé « Salman », cet album devait décrire la vie quotidienne de l’écrivain Rushdie. Au final, il n’en reste qu’une ligne « De Salman as-tu des nouvelles ? » et une œuvre sans concession enregistrée en huit jours.
1996 Dolorès
Au meilleur de son écriture fille de joie et sœur de chagrin, Murat signe un album ciselé qui grogne de plaisir et de douleur, sanguinaire et mielleux comme une saison des amours.
1998 Murat en plein air
Réédition de 3 chansons live saisies dans le recueillement d’une chapelle en Auvergne pour échapper au désoeuvrement de l’été.
1999 Mustango
Outre-atlantique Murat ose ce que peu en France frôlent : l’audace de l’écriture, l’originalité musicale. Disque enrichi et aéré à la fois, où les mots, moins en vedette et moins lourds de sens, se consacrent davantage à une sorte de phrasé ornemental, traits de couleur accordés à la pâte musicale. Galop d’un mustang indomptable que plus rien n’arrêtera.
2001 Madame Deshoulières
Murat séduit Isabelle Huppert et met en clavecin, luth et viole de gambe les œuvres d’une poétesse du XVIIème siècle, libre-penseur qui égratigna l’absolutisme royal tout en faisant primer plaisirs de l’esprit sur ceux de la chair. Virage à 180° et exercice de style époustouflant.
2002 Le moujik et sa femme
Œuvre brute où Murat compte retrouver l’essence du rock, l’urgence. Une répétition, une prise, en épure cinglante trio guitare-basse-batterie et avec des textes en dents de scie dépriorisés au profit de l’énergie.
2003 Lilith
Conservation de la formule trio pour une œuvre sobre et lyrique, entre folk-rock courtois et ballades rauques. Faux double CD et vrai triple vinyl à l’image des monuments du rock tel que Woodstock, Yes, George Harrisson. Les mots s’accocient à la qualité du fond et plus touche au mou du chat.
2004 Parfum d’acacia au jardin
Permier DVD de Murat, il s’agit de la prise live d’une session studio en duo avec Camille. Sobre et concentré, un pur chef d’œuvre qui reflète l’intensité des tournées.
2004 A bird on a poire
Parenthèse dans sa discographie, pour la première fois, Murat laisse les commandes musicales à son ami bassiste. Une nature forcément différente, un clin d’œil yé-yé, et des superbes textes à deux voix avec l’envoutante et sublissime Jenifer Charles.
2005 Mockba
Frénésie unique. Trois albums sortent coup sur coup en 2005, dont une reprise de textes de Pierre Jean de Béranger, chansonnier du XIXème siècle, un poème de mille vers adapté sous trois formes différentes (dvd, livre et CD) et enfin l’album studio Moscou, inspiré d’une nouvelle de Pouchkine présentant une exigence de l’écriture et un mélange de sobriété et d’orfévrerie encore jamais atteint. Apparitions de Camille et Carla Bruni.
04 mai 2006 dans Créativité, Culture, Musique, Semaine spéciale Murat | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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